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Samedi 10 décembre 6 10 /12 /Déc 16:56

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On a toujours plus de mal à parler de bonheur que d'un sentiment de colère ou de profonde tristesse. On a plus de pudeur, on n'a pas envie d'avoir l'air niais, ou de balancer de la mélasse sur fond blanc. On a peur aussi en y mettant des mots que cela nous échappe. On se dit aussi qu'on n'y a pas vraiment le droit, comme si c'était indécent qu'en quelques jours, cette sensation prenne le pas sur tout un tas d'emmerdes de premier ordre. On se tend, on se tord, on se raidit comme si avouer ce qu'on ressent était une chose honteuse. Le bonheur est non seulement chose difficile à dire mais à vivre aussi parce que dedans il y a la peur de tout perdre.

 

Sa peau aux effluves d'herbe fraîchement coupée me donnait le vertige, tout mon être le réclamait et lui se fustigeait de ne pouvoir correctement me montrer tout le désir qu'il éprouvait pour moi. Bien sûr nous avons pu nous donner du plaisir, mais nos corps, presque conscients de l'enjeu de la rencontre se montraient retords. Nos belles mécaniques tellement enclines à se donner sans sentiment s'étaient enrayées de son côté comme du mien, comme si l'évidence d'une étreinte pourtant imaginée jusqu'à son paroxysme devenait tout sauf évidente...

"J'ai tellement peur Jeanne... Peur de la distance, peur de l'usure, peur que tu me regardes différemment un jour. Je voudrais que ça soit simple."

"La peur n'évite pas le danger...  J'ai pas envie d'avoir peur, ça ne sert à rien. Je veux la vivre cette histoire, pas toi ?"

"Mais si bien sûr mais c'est tellement fort, ça me retourne l'estomac... Je souhaiterais presque ne jamais t'avoir rencontrée tellement tout ça va être compliqué... et en même temps j'arrive pas à croire que je t'aie trouvée."

"Chuuuuut ! "

Comment croire que moi la charnelle, la sensuelle, l'avide n'ai pas une seconde douté de la force de ce qui nous liait alors même qu'il nous fut impossible de faire l'amour normalement ? La frustration était pourtant là, mais chaque baiser, chaque caresse fut un shoot d'endorphine, chaque orgasme (car il y en eut malgré tout ) un feu d'artifices rarement égalé. 

 

Je n'ai pas envie de sombrer dans l'anecdotique, c'est pourtant ce qui fait les souvenirs mais moins on n'en parle plus ils s'ancrent en nous et donnent la force de supporter la distance, les difficultés et la peur.

 

"J'ai envie de te parler de ce qui me fait mal... Mais je ne veux pas que tu te forces à me répondre quelque chose, ou même à me donner des conseils. Promets moi. " Avais je dit

"Je te promets, je peux même faire semblant de dormir. "

Alors j'ai commencé à raconter, un petit monologue qu'il a écouté alors que je me collais dans son dos pour me donner la force, je ne voulais pas qu'il me regarde. Quand j'eus fini, il se retourna et me dit :

"Je sais que ça doit être très dur pour toi... Mais je suis heureux que ça ne soit rien qui mette ta vie en péril."

 

Dieu que j'étais amoureuse de cet homme...

 

Quand il quitta Paris, nous avions déjà pris des billets de train pour que je puisse le rejoindre  dans le sud... Deux semaines et demi qui nous sembleraient des siècles.

 

Par Maxine - Publié dans : Mes amours...
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Samedi 3 décembre 6 03 /12 /Déc 10:00

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Est-ce par refus d'affronter une vérité trop difficile que je me suis plongée dans le bonheur de mes échanges avec Baptiste ? Toujours est- il que pendant les quelques jours qui ont suivi, je n'ai pas voulu aborder le sujet avec lui. Il restait quelques jours avant son arrivée et je trépignais d'impatience... Lui aussi.

 

En revanche, histoire de me rendre la vie un peu plus compliquée, son ex-amante qui sentait qu'il était sur le point de lui échapper complètement réapparut au même moment que mes résultats médicaux.

 

Ils devaient se voir la veille de son arrivée à Paris et bien évidemment je sentais comme une tension s'immiscer entre nous. Nous étions en train de chatter, lui au boulot et moi à la maison et quand je lui demandai si ça pouvait avoir une incidence sur la suite des évènements, il me répondit qu'il ne savait pas, qu'il ne voulait pas que ça en ait mais que cette fille comptait pour lui, qu'il l'aimait beaucoup. Là, comme à ma bonne vieille habitude de perdante patentée, je lui dis :

"Bon ça ne t'ennuie pas si je me protège un peu et qu'on ne communique pas avant que tu saches où tu en es ?"

Et lui répondit:

"Si, bien sûr que ça m'ennuie, mais je peux m'y tenir si c'est ce que tu veux"

Moi: "Bon à demain alors. Et ne pense pas à moi, ne pense pas à elle, pense à toi. Laisse juste ton coeur parler..."

Ah ! Je me déteste tellement fort quand je fais des trucs comme ça, je me mettrais des coups. A la place j'aurais voulu dire que tout ça me faisait royalement chier, et que je n'avais rien demandé. Que de me trouver au milieu de cette histoire qui ne me concernait pas c'était exactement tout ce que je ne voulais pas.

Là dessus je suis allée faire un somme et en me réveillant je sentis un point douloureux me tenailler l'estomac. Je me dis:

"Mais Jeanne pourquoi tu t'infliges ça sérieusement ? T'as pas envie de couper la communication, tu n'as pas envie d'être conciliante. T'as juste envie que ça continue, ce qui avait si bien commencé."

C'est ce que je lui dis. Puis je finis par lui demander de m'appeler.

"Écoute Baptiste, c'est ton problème tout ça, pas le mien. Je sais que tu m'en as parlé par honnêteté, mais entre nous, ça ne fait que me crisper. Fais ce que tu as à faire. Faisons comme si ça n'existait pas puisque tu ne sais même pas ce qu'elle veut te dire. Moi je suis heureuse qu'on se retrouve demain. C'est tout ce qui m'importe."

"Mais moi aussi, j'ai tellement envie de te serrer dans mes bras... Mais avec tout ce qui se passe entre nous, je ne peux pas venir sans te parler cela. Et je la déteste de venir gâcher ce moment. "

"Chut... S'il te plaît... S'il y a quelque chose à dire, tu me le diras demain, ok ?"

"Je veux juste que tu saches que quoiqu'il se dise entre elle et moi, on se voit pour parler, c'est tout... "

 

Ce soir là j'ai dîné avec deux amies, Cléo et Ophelie. Nous en avions toutes les trois lourd sur la patate pour des raisons différentes et c'était bon d'être entre filles. En rentrant avec Ophélie qui dormait là, je n'ai pu m'empêcher de lui montrer notre fil de discussion. Quand elle eut fini de le lire, elle déclara :

"Il est clairement amoureux de toi, c'est limpide..."

Et juste après ces mots je reçus un sms de Baptiste qui disait :

"Appelle moi si tu ne dors pas encore ma chérie."

Il m'apprit qu'elle était juste venue pour lui demander de rester présent dans sa vie malgré leur séparation car elle avait réellement besoin d'une oreille amie. Il était apaisé au téléphone, et c'était bon de l'entendre enfin plus léger. Il arrivait dans moins de 24H.

 

Quand je suis arrivée Gare de Lyon, c'était pile à l'heure, les voyageurs descendaient déjà du TGV par grappes. J'écarquillais mes yeux de myope pour le trouver mais dès que nos regards se croisèrent nous nous reconnûmes. J'étais tellement tendue que j'avais du mal à soutenir son regard. J'ai su après qu'il s'était dit "Merde, je ne lui plais pas..."

Je saluai son ami qui semblait préoccupé par le fait de récupérer les clés du studio où il allait dormir dans le 6ème. Quand je compris qu'il fallait qu'il décolle pour les récupérer et qu'il demanda :"Bon on fait quoi ?"

Je répondis du tac au tac :"Ben Baptiste et moi, on y va..."

C'était impoli mais ça avait le mérite d'être spontané.

 

En quittant la gare, je me suis trompée dans les couloirs de métro et quand je l'ai réalisé, j'ai juste dit:

"Putain je suis désolée, je suis super troublée en fait..."

Là on a échangé notre premier baiser au milieu de la foule en mouvement et c'était presque aussi beau que dans une comédie romantique.

Par Maxine - Publié dans : Mes amours...
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Jeudi 1 décembre 4 01 /12 /Déc 08:00

 

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Ce matin là comme depuis trois semaines, je flottais... J'avais le sentiment que rien ne pouvait m'affecter. Baptiste allait arriver de Toulon dans une semaine, je partais à la danse l'esprit léger.  Puis j'ai ouvert la boite aux lettres et je me suis pris un direct dans le plexus solaire.

 

C'est fou ce qu'un simple bout de papier avec des résultats d'examens peut changer la couleur de l'existence. Au début on lit regarde les chiffres sans trop comprendre et puis quand on fait le rapprochement entre ce qu'on devrait trouver et ce qu'on lit comme chiffres, tout s'écroule.

 

C'était un examen de routine, ce bilan hormonal, du moins le pensais-je. Je savais que j'ovulais, mes autres examens sanguins étaient ok et Yann avait des spérmatozoïdes super vaillants. Mais là devant cette feuille blanche aux chiffres sans appel, je constatai que ça allait être compliqué. Là où j'aurais du avoir entre 2 et 6,80 ng/ml de cette fameuse hormone anti müllerienne, j'en avais 0,60. Je suis remontée à la maison et j'ai commencé à faire des recherches sur le net. C'était confirmé, mes résultats étaient catastrophiques.

Je me suis sentie envahie par une angoisse tellement violente qu'il m'était impossible de calmer ma respiration. Pourquoi maintenant ? Pourquoi alors que tout semblait prendre sa place devais-je subir ça en plus ?

C'est drôle dans ces moments là, on n'est incohérent. J'appelais mon ami Clarisse en pleurs :

"Mais Jeanne, appelle ton gynéco ! Tu ne peux pas savoir. Oui tu vas peut être devoir faire une stimulation d'hormones mais tout n'est peut être pas fini."

 

Quand on est petite fille, on croit qu'il va juste vouloir faire un enfant pour en avoir un. plus tard, on se dit qu'il suffira d'aimer quelqu'un très fort pour que ça coule de source. Et puis ça ne vient pas, ou plutôt pas comme on voudrait. Ensuite on oublie un peu. On laisse le temps filer. Comme on voit qu'on n'emprunte pas le chemin classique, on choisit des biais alternatifs. Mais avant de savoir, jamais on imagine que ça ne sera pas une évidence de tomber enceinte...

 

C'est pourtant la boule au ventre que je me suis rendue chez le gynéco après avoir eu le commentaire laconique de la secrétaire au vu de mes résultats :

"En effet, ce n'est pas bon du tout..."

J'ai toujours aimé mon gynécologue avec son air de bon père de famille. Il me suit depuis 14 ans. Il explique bien, il fait des pré-analyses sur ses prélèvements, il a toujours les mots qui rassurent et une bonhomie fort appréciable. Mais là, il a plissé le nez sur mes résultats et ça n'augurait rien de bon.

" Bon je ne vais pas vous mentir, les résultats sont très mauvais. Dans l'état actuel des choses, votre projet de bébé est sérieusement compromis."

Moi: " Même avec un traitement hormonal ? "

Lui: " Malheureusement votre taux est très faible. Cela signifie que vous êtes en fin de réserve ovarienne. Ça ne veut pas dire que vous n'ovulez plus, ça veut dire que vos ovules ne sont plus féconds... Il vous reste deux options: Aller à Barcelone pour vous faire implanter l'ovocyte d'une donneuse fécondé par le sperme de votre ami..."

Moi : " Être en quelque sorte porteuse de l'ovule d'une autre quoi ?" Demandai-je les yeux déjà pleins de larmes.

" Après il faut savoir quelle est à vos yeux la définition d'un enfant. Ils choisissent des ovules provenant d'une femme ayant le même génotype que vous, vous savez..."

" C'est quoi la deuxième solution ? "

"Espérer un miracle. J'en ai eu dans ma carrière des femmes qui sont tombées enceintes alors que le diagnostique était quasiment sans appel. Elles pensaient que c'était la ménopause et puis..."

Là les larmes coulèrent franchement sur mes joues.

"Et puis il y a l'adoption bien sûr."

Bien sûr, sauf que le parcours du combattant d'une telle entreprise me parait au dessus de mes forces.

Lui : "Ce genre d'examen il est bien de le faire vers 35 ans..."

Moi : "Oui... Sauf qu'à 35 ans, j'étais persuadée de ne pas vouloir d'enfant. "

Lui : "A quel âge vous avez pris conscience de vouloir être mère ?"

Moi : "A 39 ans je pense... La dernière fois que je suis tombée amoureuse."

Lui "C'était probablement déjà très critique vous savez..."

 

Quand j'atterris sur le bitume ensoleillé après la consultation, je marchai comme une somnambule, les yeux embués, dépourvue de toute légèreté. J'essayai d'appeler Yann, pas de réponse, ma mère, en vain et enfin Clarisse qui se trouvait à Amsterdam et qui me promit de me rappeler le lendemain. Il faisait tellement beau et j'étais tellement dévastée.

Baptiste m'avait envoyé deux sms auxquels je ne répondais pas. Il savait que j'avais eu des résultats d'examen désastreux mais j'avais été évasive quant au propos. Il est lui même papa d'un petit garçon de six ans et demi dont il parle avec admiration et de tendresse. Je lui envoyai tout de même un message pour lui dire que j'étais incapable de lui parler pour l'instant et que j'avais eu la confirmation du caractère définitif du résultat de mes examens.

 

Comme chaque fois que je vais mal, je me suis engouffrée dans un cinéma pour tromper ma peine et durant deux heures j'ai oublié que ma vie était en train de prendre un tournant décisif dont je n'avais pas le plan.

 

En sortant j'ai pu joindre Yann en sanglotant, il était assez d'accord que le don d'ovocyte n'était pas envisageable mais il se montra apaisant. Il me rappela que son amitié était non négociable et qu'en plus, il ne comptait pas repartir à la chasse à la co-maman.

"Tu sais Jeanne, notre projet c'était une histoire de rencontre. Elle aboutit à un échec mais ça n'annule pas notre parcours, ni ce que nous allons vivre par la suite..."

Ma mère se montra assez triste ce qui, comme par esprit de contradiction, me rendit quelques forces. Puis je rentrai chez moi.

 

C'est Marla qui m'apporta ce soir là le réconfort nécessaire pour apercevoir une petite lumière au bout du tunnel. Marla est maman de deux fillettes. Elle alterne toujours entre projets de documentaires passionnants et grosse fatigue émotionnelle. Elle me parla de sa voix douce, si douce :

" C'est affreux ma chérie et je comprends ce chagrin qui te ronge. Essaie de te focaliser sur ce que cette liberté forcée va t'offrir. Recentre toi sur ce qui fait de toi ce que tu es, et ce que tu deviendras. Les voyages, l'écriture..."

"Mais Marla, j'ai le sentiment que je ne vais jamais vivre pour quelqu'un d'autre que moi-même... Que finalement je ne serai jamais une adulte à part entière..."

"ça c'est toi qui le décideras, ce sont tes choix de vie qui feront de toi une adulte. Tu n'as pas besoin d'être mère pour ça..."

 

Un peu plus tard dans la soirée, j'appelai Baptiste.

"Comment vas-tu ?"

"Je suis un peu sonnée, mais ça va mieux je crois..."

"Tu veux m'en parler maintenant ? "

"Non... J'ai juste envie que tu me fasses rire..."

"Je vais essayer..."

 

Et comme à chaque fois, il réussit.


Par Maxine - Publié dans : aventure maternelle - Communauté : gayfriendly
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Mercredi 30 novembre 3 30 /11 /Nov 08:00

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Depuis plusieurs mois j'échangeais sur Twitter avec Baptiste, un type de Toulon. Je l'aimais bien, on partageait de la musique, on échangeait des points de vue en DM. Il semblait avoir une vie sexuelle très active mais il était toujours très respectueux des femmes dans sa façon d'en parler. Je me disais que s'il vivait sur Paris nous serions probablement des amis, amants peut-être aussi.

 

Il devait venir sur Paris fin novembre, je savais que nous nous croiserions, ça s'arrêtait là. Nous avions échangé nos numéros de téléphone et on s'envoyait des textos, de temps à autres. Un soir où j'étais particulièrement énervée par les remarques orientée d'Adrien, j'avais reçu un message de Baptiste :

"Si j'ai envie de t'entendre, je peux appeler ou je gênerais ?"

C'est moi qui l'appelai. Ce dont nous avons parlé  je ne m'en souviens plus, je me souviens juste avoir dit en le quittant :

"Très jolie voix au fait..."

Et je le pensais. A partir de cette date, nous nous sommes appelés presque tous les jours. Nous nous sommes envoyé des sms pleins de doubles sens, c'etait un jeu auquel je n'avais pas perdu le goût de jouer.

 

On ne se refait pas.

 

Il avait toujours la réponse qui me faisait rire, les mots qui m'émouvaient, j'étais sous le charme, à distance. Je crois qu'un moment je passais plus de temps à parler avec lui à travers tous ces médias qu'à faire autre chose. Comme moi, il avait des maîtresses régulières, d'autres moins.

Je ne pense pas que ce soit lui qui m'ait détachée d'Adrien, mais il a mis en relief deux choses qui me manquaient cruellement avec lui, le rire et le rêve. Baptiste, malgré les kilomètres qui nous séparaient me faisaient un bien fou. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, ce qui "nous" arrivait. J'avais peur de retomber dans les travers trompeurs de l'attraction à distance. Hippolyte restait dans ma mémoire. 

 

Mais pas une heure ne passait sans je ne pense à lui et je craignais que la confrontation au réel soit douloureuse. Sans compter la distance si jamais nous nous plaisions. Malgré tout, tous ces messages que nous échangions, ces émotions fortes que nous provoquions l'un chez l'autre et ces rires que nous partagions ne me paraissaient pas vains. C'était joli, et ça c'était déjà beaucoup.

 

Ce fut une période euphorique pour moi, je n'avais d'ailleurs plus le même visage, le sourire toujours aux lèvres. Ce fut un moment où je ne maîtrisais plus rien, j'oubliais tout, je ratais mes stations de métro, je venais bosser alors que je ne devais pas et oubliai même une fois de me rendre au travail.

C'était interminable d'attendre le jour heureux où nous pourrions enfin nous étreindre, goûter nos peaux, rester blottis sans rien dire alors que nous parlions sans cesse pour combler la distance.

 

Un matin, il m'avait prévenue qu'il avait oublié son chargeur là où il avait dormi et que nous ne pourrions nous parler par chat que le soir. Je lui avais manifesté ma déception mais je m'étais faite à l'idée. Je bossais ce dimanche là, et quand un sms de lui arriva aux environs de midi,  je fus quelque peu stupéfaite. Quand je le lus, je sentis mon coeur faire un salto arrière dans ma cage thoracique :

"Ma gueule de bois et moi, on a traversé Toulon pour récupérer mon chargeur et on est arrivé 15 mn en retard au boulot. Parce qu'on trouvait ça vraiment trop triste une journée sans toi..."

 

Je me souviens très bien avoir dire à B.L. que j'étais amoureuse lors d'une séance. C'était surréaliste parce que je ne connaissais ni son odeur, ni son goût. Mais voilà, j'étais complètement ensorcelée.

On s'était échangé des photos, mais en fait je me foutais un peu qu'il soit blond ou brun, petit ou grand. Tout ce qui me séduisait était à l'intérieur. Alors c'est vrai que ce n'était pas vraiment mon type de mec, blond aux yeux bleus, mais l'essence avait surpassé le reste. La seule chose que je redoutais en fait, c'est qu'il baise comme un lapin, frénétiquement...

Mais au vu des messages qu'on s'était envoyés, ç'aurait été une sacrée surprise.

"Bon, et s'il vous plait, vous arrêtez votre projet de bébé avec Yann ?" m'avait demandé B.L. alors que je quittais son cabinet.

"Mais non. Nullement. Ce sont deux choses différentes. Yann sera le père de mon bébé"

 

J'ignorais que la vie allait en décider autrement.

Par Maxine - Publié dans : Mes amours... - Communauté : gayfriendly
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Mercredi 23 novembre 3 23 /11 /Nov 08:00

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Je n'avais toujours parlé de mon projet à Adrien et après six semaines il me semblait que c'était le moment de le faire.

 

Ce samedi là nous faisions notre première sortie officielle "en couple"... C'était l'anniversaire d'une amie. Adrien ne se mélangeait pas trop, quand je passais pratiquement la soirée à danser, lui fumait sur le balcon. Nous nous amusions à regarder les filles, et j'essayais de deviner laquelle d'entre elles il aurait tenté de séduire s'il n'était pas avec moi. Un moment il me dit :

"Ça y est je ne vois plus aucune de mes maîtresses au fait..."

J'avoue qu'à ce moment précis j'ai failli lui dire :

"Super ! Tu veux un bon point ?! "

Au lieu de ça j'ai dit:

"Pourquoi tu me dis ça ?"

"Pour t'informer..."

J'enregistrai l'information qui signifiait pour moi que durant ces six semaines, il avait continué à en voir une ou deux mais j'étais ivre, je préférais ne même pas relever.

 

Le lendemain, après avoir fait l'amour, je me lançai :

"Tu sais y a un truc dont il faut que je te parle... mais j'y arrive pas. Je voudrais que tu m'aides."

"C'est grave ? "

"Non, juste je pense que ça peut mettre fin à notre histoire."

"Ah... "

Et là, le fait d'avoir enclenché la confession m'a donné le courage de continuer. Je racontai tout, ma rencontre avec Yann, mon envie d'être mère, l'urgence du projet, tout. Il eut une réaction assez étonnante mais assez intéressante aussi :

"Écoute Jeanne, c'est pas comme si on sortait ensemble depuis trois ans et que tu m'annonçais ça... Là c'est un projet qui existait avant que j'arrive, c'est plutôt comme si tu me disais que tu avais prévu partir en voyage. Ça ne change rien pour moi..."

"Tu diras pas ça quand je serai comme une baleine, pleine de l'enfant d'un autre..."

"Écoute, tu n'es pas obligée de prendre 25 kilos non plus et puis oui, tu auras un corps différent et je ne peux pas présumer de ma réaction mais bon... À priori ça ne me fait pas peur."

Avec du recul je ne sais pas si j'aurais du entendre ça comme le reflet d'un désintérêt ou comme je l'entendais à ce moment précis comme la preuve d'une grande intelligence de sa part.

Toujours est-il que pendant quelques jours j'ai eu de nouveau foi même si j'ai commencé à flirter avec quelqu'un d'autre au même moment.

 

Quelques jours après mon aveu, Adrien vint dormir chez moi. Ce soir là j'étais crevée et je lui en fis part. Toujours avec son sarcasme habituel il me sortit :

"Si j'avais su, je n'aurais pas viré toutes mes maîtresses ! "

Sa réflexion me fit sortir de mes gonds :

"Putain Adrien tu fais vraiment chier, sérieux ! "

Je me levai brutalement et allai me calmer dans la salle de bain quelques minutes. Quand je revins, il me tournait le dos à l'autre bout du lit. Je grognai :

"Ah ouais tu te la joues comme ça ?! "

"Comme quoi ? " Répondit il, la voix molle.

"Laisse tomber ! "

Le lendemain je pris mon café devant sa gueule de six pieds de long. Au moment de nous quitter, je lui dis :

"Tu sais Adrien je suis nulle pour interpréter les silences, y en a qui veulent dire "je suis désolé", d'autre "Tu fais chier" ou même "c'est fini" mais faut que tu me dises, parce que pour moi là, c'est pas clair..."

"Mais ne dis pas n'importe quoi..."

"Ok, donc on va rien se dire là ?"

Il ne répondit pas.

Les quelques sms qui suivirent laissèrent entendre qu'il ne voulait pas empirer la situation en en parlant tout de suite. Sauf que le fait même de garder le silence mettait un poids supplémentaire à notre prise de bec. Deux jours plus tard alors que nous prenions des nouvelles l'un de l'autre, il me proposa même de venir le rejoindre pour "un câlin". Je déclinai :

"Tant qu'on ne mettra pas les choses à plat, je suis bien incapable de tendresse ni de désir sexuel. Si t'es pas prêt à parler, ça ne va pas le faire..."

"Ah..." répondit il laconiquement

moi: "Tu arrives à baiser sur un conflit toi ?"

Lui: "Mais c'est pas un conflit ça  C'est juste un froid."

Moi: " Faudra que tu m'expliques la différence."

Lui:"Ok"

Et plus rien.

 

Là j'ai senti la colère monter en moi avec tant de force que j'ai eu envie d'aller chez lui et de casser tout le peu de vaisselle qu'il avait. J'avais de vrais accès de violence devant son incapacité à parler. J'en étais malade, je pleurais de rage. Et là je me suis dit qu'il fallait que ça cesse, que je ne l'aimais pas suffisamment pour que ça me touche autant. Le lendemain j'avais décidé de rompre.

 

J'ai fini par le voir le samedi suivant, j'avais mal au ventre à l'idée de devoir mettre fin à tout ça. Je déteste rompre. Mais qui aime cela ?

 

Je lui ai dit que nous ne parlions pas la même langue, que nous ne riions pas des mêmes choses et que la seule chose où nous étions d'accord était finalement le sexe. Je lui ai dit que je désirais quelqu'un d'autre (mais j'y reviendrai...), que je voulais bien que nous restions amants mais sporadiquement. Il a eu l'air un peu assommé et puis il a dit :

"Écoute Jeanne, je comprends ta décision... Je voudrais te dire que lorsque je t'ai rencontrée je ne pensais pas que ça irait plus loin qu'une histoire de peaux... et puis ça a coulé de source, j'étais bien avec toi. Mais j'ai de gros problèmes dans ma vie, d'ordre financier et professionnel, et c'est vrai que je suis complètement en repli sur moi même. Je réalise qu'il n'y a pas de place pour quelqu'un d'autre et du coup je suis maladroit, je ne suis pas dans l'empathie. Ça me fait chier mais c'est comme ça. J'ai la tête truffée de problèmes et je ne sais plus par où les prendre. "

Je fus touchée par son honnêteté, émue même. Je tendis d'ailleurs les bras pour le câliner. Je savais que je ne pouvais pas faire grand chose d'autre pour lui et surtout je n'en avais ni l'envie, ni la force. Je passai la nuit chez lui ce soir là, et quelques autres aussi. Et puis un moment, je fus envahie par l'Autre...

 

A ce moment là, il me devint impossible de continuer comme ça...

 


PS: Pensez à voter pour le concours Elle

http://www.elle.fr/Site/Grand-Prix-des-Blogueuses-ELLE-2011/%28categorie%29/sexe


Par Maxine - Publié dans : Mes amours...
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Présentation

Personnages déjà cités

Jeanne: Une fille déjà femme, une femme encore fille, pleine de doutes et de contradictions. L'héroïne quoi !

Nina: La soeur cadette de Jeanne.

B. L. : Le psy de Jeanne. Quadra beau et dandy, transfert parfait... comme il se doit.

Gabriel: Le meilleur ami hétéro et collègue de Jeanne. Ermite à ses heures, généreux et égoïste à la fois.

Sasha: Amant (devenu ami) régulier de Jeanne jusqu'en janvier 2011, de 6 ans (presque 7) son cadet. Skateur à ses heures perdues, brule la vie par les deux bouts.

Maël: Le frère cadet de Gabriel

Mathilde: Amie de collège de Jeanne retrouvée sur le tard, confidente des épisodes les plus "intimes" de sa vie. Maman de 3 enfants et séparée du papa.

Robin: Le nouveau fiancé de Mathilde

Eugénie: Amie de collège aussi. Très différente de Jeanne mais très importante dans sa vie. Maman de deux petits garçons et en couple

Calie : Amie de Jeanne depuis 20 ans, mère célibataire et accessoirement sa voisine.

Clarisse: Amie proche de Jeanne. Très souvent en reportages avec son amoureux à travers le monde

Marla: Amie de Jeanne. Elles ne se voient pas beaucoup mais comptent beaucoup l'une pour l'autre. Maman de 2 petites filles. En couple

Blandine: Amie de Jeanne depuis presque 20 ans. Voyageuse invétérée jusqu'à l'arrivée de sa petite fille. Mariée avec un Pakistanais

Aurélie : Amie de Jeanne depuis plus de 20 ans. Son ancienne colocataire. Mère célibataire.

Sara: Amie proche de Jeanne. Après une grosse mise au point, elle et Jeanne ont du mal à communiquer. Mariée à un des plus vieux potes de Jeanne.

Jay et Eddy: Couple d'amis hollandais de Jeanne. Ils vivent à Londres.

Hicham : Ami de Jeanne qu'elle a rencontré à Berlin et de retour en France depuis peu.

Eugène : Amoureux de Hicham

Bassam : Premier co-papa pressenti rencontré grace au site de coparenting en mai 2010.

Gilles et Thomas : Couple de co-papas pressentis rencontré au début de l'aventure de Jeanne en Juillet 2010.

François et Fred: Couple de co-papas pressentis de Septembre à Décembre 2010.

Yann : Dernier co-papa pressenti rencontré en Décembre 2010

Fabien : Compagnon de Yann

Matt : La dernière vraie histoire d'amour de Jeanne terminée en Avril 2009. Savoyard fuyant la ville et le stress en général.

Carl: Collègue et objet des pensées de Jeanne jusqu'en Novembre 2010, (re)devenu un ami par la suite. Homme idéal sur le papier, accessoirement marié avec 2 enfants.

Christophe : Ex-amant tordu de Jeanne, fréquenté sporadiquement pendant six mois en 2010.

La bonne Fée : Professeur de Yoga et masseuse Shiatsu. Voisine devenue copine de Jeanne.

Garance : Initialement amie de Gabriel, Garance est aussi devenue une amie de Jeanne depuis quelques mois. 

Jeanne 2 : collègue et bonne copine de Jeanne.

Ophélie : Amie recente de Jeanne travaillant dans la même boite qu'elle

Cléo : Comedienne et amie récente de Jeanne 

Maggie : Nouvelle amie de Jeanne, en couple avec un des très vieux potes de Jeanne avec qui elle a une petite fille.

Romain : dit l'amant remarquable, homme marié vivant en province.

Diego : Collègue de Jeanne. Ils ont partagé une relation épistolaire érotique qui est restée platonique.

Adrien : Homme rencontré par Jeanne fin Septembre 2011 avec qui elle partage une ébauche d'histoire d'amour.

Baptiste : Homme vivant à Toulon rencontré sur Twitter en Juillet 2011 dont Jeanne tombe amoureuse en Novemvre 2011

Hippolyte : Rencontre malheureuse de Jeanne en Aout 2011

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